16 septembre 2009

Bébé rose - Bébé bleu



▲Portraits de Jaidden et Alexandra, par Anne Geddes, 2004

La tradition d'habiller de bleu ou de rose les nouveaux-nés garçons ou filles, pour les différencier, est aujourd'hui encore si résistante dans nos usages, qu'on s'imagine qu'elle remonte loin dans notre histoire. Pourtant, cette pratique attestée par les historiens à la fin du XIXe siècle, dans les familles plutôt bourgeoises, n'est devenue quasi systématique que dans les années 1930. Les raisons de cette coutume – localisée en Europe occidentale, et les pays qui relèvent de cette culture, comme les Etats-Unis – restent très incertaines, on peut juste émettre quelques hypothèses...

À l'origine, le blanc de la layette des bébés

Madame Privat de Molières et ses filles, par Antoine Raspail, vers 1775-1780, Museon Arlaton, Arles

Pendant des siècles, les vêtements composant la layette des bébés ont été les seuls spécifiques à l'enfance : chemises, brassières et bonnets à porter superposés, fichus de cou, bavoirs et bien sûr un nombre important de langes – survivance d'une prononciation ancienne de « linge » – épinglés sur l'enfant. A partir du XVIIIe siècle, tous sont majoritairement blancs, avec l'arrivée du coton. S'il est une couleur dont la symbolique de pureté et d'innocence fait l'unanimité dans toutes les cultures, c'est bien le blanc. Il représente aussi l'hygiène, le linge est en effet bouilli, ce qui le décolore. Le bébé est ensuite enveloppé dans des châles, des couvre-langes ou des robes jupons longues, dont la matière, la couleur et l'ornementation varient selon son appartenance sociale.

Bleu-rose, une tradition chrétienne ?

Retour de baptême, par Hubert Salentin, 1859, Victoria & Albert Museum, Londres

Le jour de leur baptême, on présente les nourrissons à l'église, la tête recouverte d'un bonnet, enveloppés du châle de leur mère ou d'une couverture de couleur blanche. Dans certaines coutumes du folklore français, on y appose un petit ruban pour différencier son sexe, mais le ruban rouge ou rose s'adresse plutôt aux garçons, le blanc ou bleu aux filles. L'iconographie des nourrissons et jeunes enfants du XVIIIe siècle les montre en effet souvent vêtus de blanc, avec des touches de rose et de bleu, souvent des rubans, mais il est difficile de dire qu'on attribue une couleur à un sexe plutôt qu'à l'autre. Aujourd'hui, dans certaines régions de Belgique, les garçons sont en rose, les filles en bleu !

Le duc de Chartres et sa famille (détail), par Charles Lepeintre, 1776, Banque de France, Hôtel de Toulouse.
A noter : les deux enfants représentés, Louis-Philippe, futur roi des Français qui porte une ceinture rose,
et Louis-Antoine, duc de Montpensier, habillé de bleu, sont des garçons.

On invoque souvent des motifs religieux pour expliquer cette tradition, volontiers pratiquée dans les familles chrétiennes. Dans la religion catholique, le bleu exprime le renoncement et le détachement des valeurs du monde terrestre : l'âme libérée monte vers Dieu, c'est-à-dire vers l'or qui, lui, descend à la rencontre du blanc virginal de cette âme, tout au long de son ascension vers le bleu du Ciel. Depuis le XIIe siècle, cela fait du bleu la couleur iconographique de la Vierge Marie. L'autre couleur de la Vierge est le blanc, sa couleur liturgique depuis l'adoption en 1854 du dogme de l'Immaculée Conception, qui symbolise la pureté et la virginité.

La Vierge de douleur au pied de la croix, par Philippe de Champaigne,
vers 1655, Musée du Louvre sur Agence photo de la Réunion des musées nationaux RMN

Il existe dans certaines familles catholiques, la pratique des enfants bleus, placés dès leur naissance sous la protection de la Vierge Marie. Jusqu'à l'âge de sept-huit ans environ, ces enfants ne sont habillés que de nuances de bleu, du bleu ciel au bleu marine, et de blanc. On achète leurs vêtements dans des magasins spécialisés, à l'enseigne Aux Enfants bleus ou À l'Enfant voué. Cet usage, qui a aujourd'hui disparu, mais dont on peut encore sentir l'esprit dans certaines façons de porter le bleu-marine dans le renoncement, est fréquent au XIXe siècle et pendant une bonne partie du XXe.

Ces enfants que l'on voue au bleu et au blanc ne sont pas pas encore complètement matérialisés, donc asexués. Pas encore tout à fait de ce monde, ils peuvent répondre plus aisément à l'appel de la Vierge. Cette pratique, qui peut sembler un peu funèbre aujourd'hui, se justifie par le taux important de la mortalité en bas âge. On habille les enfants de bleu et de blanc pour les placer sous la protection de la Vierge. L'historienne Elizabeth Ewing (History of children's costume, Londres, B. T. Batsford, 1977) explique que les garçons apparaissant comme plus précieux dans la lignée familiale, seraient en priorité concernés par cette protection.

Mais alors qui parle ici du rose ? Toutes ces explications n'éclairent en rien ce partage des couleurs selon les sexes. D'autant que cette mode s'est très tôt répandue dans les pays protestants de l'Europe du Nord, qui pourtant prennent leurs distances avec le culte marial [Lire sur L'Histoire par l'image : Le culte de la Vierge Marie]. Cette hypothèse ne résiste donc guère à une analyse de bon sens.

Symbolique et antagonisme des couleurs

La seconde hypothèse se réfère au système symbolique et antagoniste des couleurs, hérité de la fin du Moyen Âge, un peu compliqué à expliquer, d'autant que la symbolique change d'un siècle à l'autre.

Pour résumer, le blanc s'oppose au noir, le vert au jaune, le bleu au rouge. Au Moyen Âge le bleu est plutôt féminin, à cause de la Vierge, le rouge plutôt masculin, car il symbolise le pouvoir et la guerre. À partir du XVIe siècle, cela s'inverse, mais uniquement quand les deux couleurs fonctionnent en couple : le bleu, plus discret, devient masculin, le rouge féminin, symbolise la vie. Cette symbolique sexuelle n'est-elle pas suggérée dans les tableaux du libertin François Boucher, qui choisit des tentures d'un bleu profond pour magnifier le rose de la chair de la femme? Jusqu'au XIXe siècle, la robe des mariées est souvent rouge.

▲Scène galante : Prenes an gre, plaque ovale en émail peint, lavis, rehauts d'or,
milieu du XVIe siècle, Musée du Louvre
sur Agence photo de la Réunion des musées nationaux RMN

L'Odalisque (détail), par François Boucher, 1745, Musée du Louvre
sur Agence photo de la Réunion des musées nationaux RMN

L'historien spécialiste des couleurs, Michel Pastoureau, pense que le couple enfantin bleu/rose ne serait qu'une simple déclinaison, plus douce, du couple bleu/rouge.

L'apparition des couleurs pastel

Dans les années 1860, sous le second Empire, la chimie révolutionne les procédés de teinture. Les teinturiers, dont on se méfiait, qui faisaient figure d'alchimistes impurs car ils maniaient des matières animales, se transforment en ouvriers modernes de la révolution industrielle. Les nouveaux colorants qui permettent d'obtenir le brun Bismarck, le rouge Solférino, le bleu impératrice, mais aussi des roses, des violets, des jaunes et des verts crus, modifient la perception des couleurs. Cela concerne aussi peu à peu le linge de corps, de toilette, les draps, et bien sûr la layette, qui s'égayent, par le biais de la rayure et des couleurs pastel [Lire sur Les Petites Mains : La marinière - Hygiène de la rayure]. Les couleurs pastel deviennent des nouvelles couleurs hygiéniques.

La promenade des enfants de la crèche municipale du premier arrondissement au jardin des Tuileries,
par Timoléon Lobrichon, fin XIXeme siècle, collection privée, Roy Miles Gallery

Afin de garder cette idée de pureté et d'innocence liée au nouveau-né, mais dans le contexte traditionnel du couple bleu/rouge vu précédemment, le bleu ciel pâle et le rose pâle sont adoptés par les familles bourgeoises. Les temps ont changé, ce sont elles désormais qui font la mode.

Le bébé des années 1920-1930


▲Affiche publicitaire Cadum, 1925, Les Arts Décoratifs, Musée de la Publicité

À partir des années 1920, l'image du bébé change, elle devient celle d'un bébé de six mois ou un an, joyeux et curieux de ce qui l'entoure, dont le Bébé Cadum aura été le précurseur. Le port de la robe pour les petits garçons tombe peu à peu en désuétude, et disparaît complètement en 1945 [Lire sur Les Petites Mains : Mode et Luxe : les enfants en robe et Les Enfants trouvés : les enfants en robe]. Le bébé se sexualise, le bébé garçon a cessé d'appartenir au monde de la femme. Avec l'aide du marketing naissant et de la presse spécialisée, on reprend l'archétype bourgeois de la fin du XIXe : bleu pour les garçons, rose pour les filles. Le blanc reste neutre, ainsi que le jaune pâle, qui fait son apparition dans les années 1930. Le succès est fulgurant.

▲à g. et à dr. : La Layette, supplément de Mon Tricot, numéros 5 et 46, Journ@ux-collection.com

Ainsi il est plus que probable que votre maman, grand-maman, ou arrière-grand-maman aient un jour tricoté en laine rose ou bleue, burnous, brassières, paletots pour les bébés de la famille – ou des petits chaussons comme ceux-ci, que ma maman virtuose tricote, quasiment les yeux fermés, en un peu plus de deux heures.

31 commentaires:

  1. Et bien j' ai appris beaucoup avec ton article. Je connaissais l'idée hygiéniste des rayures grâce au fabuleux Pastoureau, et le blanc de pureté, en revanche l'enfant voué au bleu est étonnant. On n'arrive plus à raisonner de cette façon de nos jours.

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  2. Article très intéressant d'autant que, vendant de la laine, je me suis toujours interrogée sur cette couleur rose que les mères et grand-mères adorent mais s'interdisent absolument quand il s'agit de tricoter pour un garçon ...
    Merci encore pour toutes ces informations et illustrations, j'aime beaucoup les photos des bébés des années 50 et de la layette de ces années-là.

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  3. Je suis très contente quand mes lecteurs me disent qu'ils ont appris quelque chose. Cette histoire du bleu et du rose m'a moi-même longtemps intriguée, et les explications me laissaient toujours sur ma faim. J'espère avoir fait le tour de toutes les hypothèses...
    Vous avez oublié de voter, toutes les deux !

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  4. Oups je viens de voter, je n'avais pas vu. Au fait tu as changé ton header il est bien comme ça.

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  5. Pourquoi en belgique c'est l'inverse ???

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  6. Je suis bien incapable de répondre à votre question !

    D'après ce que j'ai lu au hasard des forums (je ne suis pas belge) ce n'est pas dans toute la Belgique, mais certaines régions. Quand on voit les circonvolutions hasardeuses du chemin de la symbolique bleu/rouge pour arriver jusqu'à nous, on se dit que le résultat aurait pu être l'inverse de ce qu'il est, et c'est ce qui a dû arriver dans certains endroits.

    Si un lecteur a une réponse ou un témoignage plus précis, on est preneur !

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  7. Vous répondez ici à une question que je me suis maintes fois posée et vos articles sont passionnants - pour une fondue d'histoire technologique comme moi, c'est du nanan. Je vais signaler votre blog sur le mien car j'ai beaucoup de lectrices passionnées de tricot, elle sauront enfin pourquoi on tricote rose ou bleu !

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  8. Comme je le dis plus haut, je m'étais moi-même posée cette question, et n'ayant jamais eu de réponse circonstanciée, je me doutais que le sujet intéresserait - et pas seulement les mamans et les mamies. C'est en effet un article qui a bien plus de succès que le petit jeu devinette qui l'accompagne. N'aurais-je que des lecteurs "sérieux" ?

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  9. Comme je ne me lasse pas de regarder votre blog, j'ai vu hier qu'on pouvait voter et j'ai voté ... à bientôt

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  10. A voté!....Et heureuse de vous lire encore! On en redemande!... Encore aujourd'hui, des parents très attachés au culte marial choisissent uniquement du bleu et du blanc pour leur enfant de moins d'un an....Pour moi, ça été d'emblée du rose pour ma fille arrivée après ses 4 frères!

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  11. Résultats demain ! Avec un nouvel article.

    J'imagine la joie d'avoir une fille après quatre garçons, surtout pour une maman styliste ! Une fille c'est quand même plus chouette à habiller, d'autant que les garçons, quand ils grandissent, même ouverts à la fantaisie, sont plus facilement sujet de moquerie de la part des copains plus conventionnels que les copines.

    Moi aussi, j'habillais ma fille en rose, je faisais des mélanges noir/rose ou gris très foncé/rose. Vers six mois, quand on ne distingue pas bien les garçons et les filles, c'est pratique si on ne veut pas les habiller de froufrous.

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  12. Dans quel document avez-vous trouvez cette remarque de Pastoureau sur le bleu / rose comme déclinaison plus douce du bleu / rouge ? Pourriez- vous me fournir les références ? Merci d'avance.
    Julie

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  13. bonjour, pour répondre à votre question pq en belgique c est l inverse.le bleu était pour les filles car ça représentait la vierge.mais depuis les année 1980 avec les magasins français comme prémaman ect... les gens ont opté pour le rose pour la fille. il existe encore des anciens qui respecte la couleur bleu pour les filles mais c est très rare.voilà un peu d histoire belge

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  14. Merci pour cette explication finalement très logique.

    A bientôt.

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  15. Petit commentaire d'un monsieur:

    Je suis né en 1944. Maman faisait de la confection pour femme et enfant. La mode en ce temps était aux barboteuses bouffantes pour les garçons et nous pouvons affirmer que tous les petits français de 1 an à 5/6 ans en ont portés. Il y avait aussi les tabliers en Vichy. Les fillettes portaient uniquement des robes, et une maman n'aurait pas eu l'idée d'envoyer à l'école sa fille en pantalon ou en short ! Sachons que cela n'était pas autorisé dans nombre d'écoles.

    Maman confectionnait des costumes de garçonnet en bleu ciel et en rose . Il y avait même des barboteuses roses ( porté uniquement par des garçons ) . Il y avait aussi les tabliers de fille en Vichy bleu et des tabliers de petits garçons à fond rose.
    En 1962 est apparu la vogue des costumes bloomer pour garçonnet de 2 à 4 ans. Il s'en vendait autant en rose qu'en bleu...Voyez les catalogues de Prénatal, Prémaman, la Redoute et autre de ces années-là. Finalement le rose et bleu ciel n'étaient pas des couleurs aussi formelles; notamment dans les beaux quartiers de Paris. De tout cela je m'en souvient parfaitement.

    Etant garçonnet j'ai servi d'enfant modèle pour plusieurs magasines.

    Le petit garçon parisien sur la photo 1952, porte une culotte en laine, très en vogue entre 1952-58. Ce modèle se faisait de 2 à 10 ans surtout en gris et bleu marine. Elle comportait des bretelles, un revers aux jambes et se boutonnait sur les cotés, elle n'étaient pas doublées. Maman en a confectionné de grande quantité vendu en France et en Outre-mer. Moi-même j'en ai portées.

    Je connais parfaitement la mode enfantine des années 1920 à 1980. J'ai récupéré de nombreux documents de Maman.
    Aux lectrices qui pensent que le look des garçonnets ne valait pas celui des petites filles, se trompent complètement.
    Sur de nombreuse photos d'époque les gens nous confondent avec les filles. C'est vrai que souvent nous avions les cheveux longs avec une belle choupette dessus! des souliers à brides, des col rond, des manches ballon, des guimpes avec des smocks.
    En ce temps la vogue était aux " Petites filles modèles " et aussi aux "Petits garçons modèles "
    C'est seulement depuis les années 1960 que les garçonnets sont habillés en adulte et les fillette en garçon. Le période d'habiller les bébés en bébé n'existe malheureusement plus aujourd'hui.

    Charles
    charlescamard@AOL.com

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  16. Pour répondre au commentaire sur la couleur bleu de la Viège.

    En France avant la 2ème guerre mondiale il était d'usage - surtout dans les campagnes- de vêtir un petit enfant souffreteux aux couleurs de la Viège.
    La Maman après l'avoir ondoyé, l'habillait en blanc et y ajoutait souvent un article en bleu ciel, uniquement sur le corps. Dans le village ou la ville, les gens en savaient la signification.
    Si l'enfant décèdait, il était alors seulement habillé tout en blanc pour son dernier voyage.....car il partait comme un Ange retrouver le Seigneur.
    Il n'était pas rare aussi qu'un photographe soit appelé pour prendre un ultime cliché de l'enfant....
    C'est un peu macabre. Oui ?
    A Paris cette coutume était peu observé. Après 1945, avec les antibiotiques, cette façon s'est perdue.
    Les gens de ma génération se souviennent de cette coutume.

    Charles

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  17. Revenons aux teintes et couleurs des vêtements d'enfant:
    Pas facile à savoir ! Jusqu'en 1958 les photos étaient en noir et blanc. Pour s'en faire une idée juste, il faut alors replonger dans les catalogues d'époque. Ceux des Grands Magasins qui était le reflet de la mode en usage. La Samaritaine, les Galeries Lafayettes, le Louvre, aux trois Quartiers, ect.. tous divulgés un peu partout en France. Ajoutons les magasines de mode très populaires comme l'étaient " le Petit Echo de la Mode" ou " Modes et Travaux". La Redoute proposait déjà la vente par correspondance.
    Reconnaissons qu'il est parfois dit n'importe quoi. Les costumes dans les films de reconstitution sont le plus souvent faux, les costumières y mettant leur touche personnelle.... Toutefois une exception, il s'agit du Petit Nicolas. Ce super film est parfaitement fidèle aux vêtements portés par les garçons en 1960. Tout y est, même leurs sous-vêtements Petit Bateau. Bravo.

    Voilà donc un spécialiste de la Mode enfantine du 20 siècle. Les Américains me contactent régulièrement. Je peux répondre à vos interrogations avant que nous, enfant du baby boom disparèssions.

    Charles
    charlescamard@AOL.com

    Depuis 20 ans, je m'intéresse à la mode vestimentaires des Petits Français. Mes Grands-Parents et Parents ont été fabriquants en confection de 1930 à 1980. Moi-même j'ai servi d'enfant modèle pour des catalogues, des réclames ( comme on disait ) et aussi plusieurs cartes postales près la guerre.
    J'ai récupéré l'ancien stock de mes Parents, ainsi tous les documents. J'ai donc sous mes yeux les vêtements vendus à l'époque. Les robettes, barboteuses, guimpes, chemisiers, costumes baby, tabliers fille et garçon, blouses bonneterie et autres articles.

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  18. Merci Charles pour toutes ces précisions vraiment intéressantes. Vous possédez certainement un trésor, n'avez-vous jamais pensé à le confier à un musée ? Je pense par exemple au Musée Galliéra.

    Il y a quelques années, le Musée textile de Cholet a ainsi acquis 300 vêtements d'enfants de 1900 à 1960, qui étaient les invendus d'un magasin appelé "Au Bon Coin". C'est aujourd'hui la base de sa collection.

    Et puis peut-être pourriez-vous tenir un blog avec photos ?

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  19. Pardon Julie, je viens seulement de voir votre commentaire, il m'avait échappé.

    La référence en question est : "Les couleurs de notre temps,", par Michel Pastoureau, Editions Bonneton, Paris, 2003, à l'article "Bébé" page 25.

    Mieux vaut tard que jamais !

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  20. Charles répond à Petites mains:

    Oui en effet je possède un vrai trésor ! .... l'ancien stock de Maman, sa documentation qui survole les décénies de 1900 à 1980, puis aussi mon vécu comme petit garçon modèle, Jusqu'à 20 ans mon univers était la mode féminine et enfantine, plus particulièrement les articles de luxes, mais aussi les tenues populaires.
    Enfin je crois détenir une partie de notre culture : les vogues enfantines du passé... hélas cela n'est pas forcement partagé par tout le monde. Par exemple mes enfants n'y prètent que peu d'intèrêt. Finalement les plus passionnés, sont curieusement les Américains qui n'hésitent pas à m'interroger.
    Je ne souhaite pas vendre ce qui est une partie de l'histoire de nous, Petits Français, le donner .. oui , je vais y réflèchir.
    Maintenant que je suis en retraite, je peux consacrer une partie de mon temps à scanner, puis à photographier.
    Mon petit-fils a servi de manequin il y a quelques années. Il était adorable vêtu en barboteuse, tablier d'écolier !

    Le musée Galliera par sa collection, retrace bien l'évolution de la mode enfantine. Néanmoins il semble plus riche en vêtements de fille que de garçonnet. Souvent la réponse obtenue est que les garçonnets usaient davantage leurs habits que leurs petites copines, les filles; ce qui les rendaient par conséquent plus rare dans les malles des greniers. Je ne suis pas sur de cette explication.

    Charles

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  21. Charles commente encore:
    Bravo au musée du Textile de Cholet !
    Je ne l'ai pas visité, mais je pense qu'il détient réellement ce qui était porté par les enfants.
    Certainement qu'il faudrait y ajouter comment était populaire certaine tenue, plus que d'autre, comme par exemple :
    Les tenues des enfants des villes et ceux de la campagne, les habits du dimanche, ceux de l'école, des Institutions, des colos ect..
    Trés intéressant aussi les textiles utilisés pour confectionner tous ces vêtements, comme :
    Les tissus de confection.
    Les laines pour les tricôts d'adultes et de la layette.

    Charles

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  22. Charles répond :

    J'ai bien pensé aux blogs pour divulger des scann de catalogues d'époque, des photos des modèles de vêtement d'enfant...
    Hélas je ne me suis pas encore suffisamment initié aux blogs. Ceux que j'ai commencés n'ont rien rendus.
    Mais je ne déséspère pas ...

    Charles

    charlescamard@AOL.com

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  23. merci à vous tous pour vos commentaires .En éffet j'étais persuadée,qu'au début des années 1900, ? le bleu était la couleur des filles et le rose celle des garcons .Je viens d'en avoir la certitude et je vous en remercie car je suis une passionnée de la layette et je ne vois pas pq un petit garcon ne pourrai pas porter du rose.Christine

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  24. Concernant le rose et le bleu ciel :
    Je me souviens parfaitement que dans la région du Loiret existait encore après la guerre, cette tradition d'habiller les enfants chétifs ou malades en blanc et bleu ciel. Ainsi on les mettait sous la protection de la Sainte Viège.

    Le rose pour les garçons:
    De 1945 à 1960 mes Parents fabriquaient des tabliers en Vichy ou Zéphir à carreaux roses pour les garçons, il est vrai qu'il étaient moins portés que les mêmes modèles aux motifs dominant les bleus.
    Les tabliers étaient très populaires et souvent exigés dans les écoles. Il y avait peu de différence entre les modèles pour garçonnet et ceux des fillettes.
    Les tabliers garçon avaient le bas plissé, la ceinture boutonnée dans le dos, les modèles pour fille avaient le bas froncé et souvent la ceinture nouée dans le dos. Ils étaient toujours portés courts et au dessus des genoux.
    Les tabliers ont été en vogue de 1935 à fin 1950. Les tailles proposées allaient du 2 ans au 8 ans pour les garçons et du 2 ans au 12 ans pour les filles. Ensuite garçons et filles portaient des blouses.

    Barboteuses roses:
    Je rappelle qu'en France ce joli vêtement était porté uniquement par les garçons. Il s'agissait d'une tenue très classique de 1938 à 1955 pour petit garçon de 1 à 7 ans. Cette vogue aura donc durée longtemps. Elle réapparaitra par la suite et encore proposé aujoud'hui en unisexe , mais uniquement pour les baby de 3 mois à 2 ans.
    Nous pouvons affirmer que tous les garçonnets de ma génération du baby boom ont porté des barboteuses.
    Pour en revenir au choix des couleurs: je me rappelle très bien que mes Parents en confectionnaient en Boussac de couleur rose.. et pour garçon.
    En 1958-63 il est apparu la mode des costumes bloomer pour garçonners de 2 à 4 ans, mes Parents en ont fabriqué de grosse quantité en blanc, jaune, bleu ciel, en Vichy et aussi en rose. La Redoute les proposait également dans ces mêmes teintes.

    Je ne me souviens plus très bien si j'ai été habillé de rose, toutes les photos de mon enfance sont en blanc/noir. Il est sur qu'on ma vêtu souvent de barboteuse blanche jusqu'à 7 ans. Je crois avoir essayé et porté tous les costumes de la collection que vendait mes Parents.
    Mon frère, ma soeur et moi étions changés chaque jour, ce qui était peu courrant en ces années après guerre.

    Charles

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  25. Bonjour,
    j'ai découvert votre site récemment, c'est une mine d'or : MERCI !!
    J'évoque cet article sur mon blog, tout en citant la source :
    http://www.madeby6.com/2012/03/pour-leonie-et-justine.html
    J'espère que cela ne pose pas de problèmes.

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  26. Cela ne pose aucun problème, au contraire, j'écris pour être lue et ne vois aucun inconvénient à être relayée, du moment que les sources sont citées.

    J'ai lu votre article, vous avez résussi à résumer ce thème particulièrement complexe.

    Merci pour vos encouragements.

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  27. Bonjour,
    Votre explication est très intéressante. Pourriez-vous me donner plus de détails ou quelques sources au sujet des enfants voués au bleu et blanc?
    Merci.

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    1. Les historiens Françoise Tétart-Vittu et Michel Pastoureau le mentionnent de façon anecdotique dans leurs travaux. Mais je ne connais pas de source traitant spécifiquement de ce sujet. Par contre, contrairement à ce que dis dans l'article, cette tradition est encore suivie par certains parents catholiques. Une recherche sur Internet via les principaux moteurs vous le confirmera...

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  28. Merci pour votre réponse, je confirme que la tradition existe toujours puisque j'habille ma fille en bleu et blanc jusqu'à son premier anniversaire.

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  29. Je possède des vêtements d'enfants ancien, ils m'ont été donné par une dame de 70 a&ns plus je crois....je n'arrive pas à les jeter,
    à qui '(asso ou musée) je peux les envoyer pensez vous que ça les interrèsse...

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    1. Comme je vous comprends ! Ce serait effectivement dommage de les jeter.

      Le Musée du Textile choletais [http://www.museedutextile.com/contact/] géré par une association, organise régulièrement des expositions autour de la mode enfantine, peut-être seront-ils intéressés. Le musée Galliéra, musée de la Mode de la Ville de Paris [http://www.paris.fr/loisirs/musees-expos/musee-galliera/p5854], qui conserve aussi bien des pièces quotidiennes que les pièces d'exception, peut certainement aussi être preneur.

      Je pense que le mieux est de les contacter directement.

      Sinon vous pouvez les proposer à des revendeurs de vêtements vintage spécialisés en enfant. Vous trouverez les liens de quelques-uns d'entre eux sur Les Petites Mains, dans la colonne si-contre.

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